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Cuisson propre

Description

La cuisson propre se définit par l’utilisation de technologies et de combustibles qui minimisent l’exposition aux polluants générés par la cuisson traditionnelle, remplaçant des sources comme le bois et le charbon par des alternatives plus sûres telles que le gaz de pétrole liquéfié (GPL), l’électricité, ou les systèmes solaires. Cette approche limite les risques sanitaires, notamment les maladies respiratoires et cardiovasculaires, particulièrement pour les femmes et les enfants souvent responsables de la cuisine. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), la pollution de l’air intérieur provoquée par ces combustibles traditionnels est responsable de millions de décès prématurés chaque année (PAM, 2021). D’un point de vue environnemental, les foyers utilisant le bois émettent des particules fines, du carbone noir et du dioxyde de carbone, contribuant ainsi au changement climatique et à la déforestation. La transition vers des solutions de cuisson propre réduit ces émissions, tout en protégeant les ressources naturelles, comme les forêts locales. Selon la Clean Cooking Alliance, l’utilisation de cuisinières propres peut réduire les émissions de gaz à effet de serre de manière significative, en plus de préserver la biodiversité des zones forestières (cleancooking.org) (PANGESTU, 2020).

Orientation de Madagascar vers la Cuisson Propre

Un taux faible d’accès à des solutions de cuisson propre

A Madagascar, environ 80% de la consommation d’énergie est basée sur la biomasse traditionnelle : bois de chauffe 68%, charbon de bois 10% (Energypedia, 2019). Plus de 90% de la population dépend de la ressource en Bois-Energie pour l’énergie de cuisson selon les statistiques en 2012 (WWF, 2012). La consommation annuelle de charbon de bois est estimée à 650 000t d’ici 2030 (WWF/GRE 2014). Moins de 1 % des ménages ont accès à des solutions de cuisson propres telles que le biogaz, le bioéthanol, le gaz de pétrole liquéfié (GPL) ou la cuisson électrique, et moins de 14 % des ménages disposent d’un foyer amélioré à charbon de bois ou à bois, selon les données de l’enquête MTF de la Banque mondiale.

De nombreuses initiatives de promotion des solutions de cuisson propre

Des initiatives en matière de promotion des solutions de cuisson propres sont nombreuses à différente échelle dans le pays : promotion de la production et adoption des foyers améliorés, promotion de l’utilisation de l’éthanol combustible, promotion des charbons écologiques et des briquettes et de biogaz issus des technologies de valorisation énergétique des déchets, normes, promotion du GPL et des équipements de cuisson électrique. Des projets et programmes (Ethanol cookstove programme, TWEnex, etc.), des bailleurs et OSC (BM, ONUDI, BAD, JICA, COI, WWF, Gret, etc.), des réseaux d’acteurs (Madagascar clean cooking initiatives, PENAM, etc.) et des acteurs privés sont engagés dans ce sous-secteur.

Pour certaines sources d’énergie propre de cuisson telle que le biogaz et GPL, le coût d’accès est encore cher : le prix actuel du GPL est de 1.8$/kg à 2.5$/kg contre 1$/kg préconisé dans les pays en développement.

Promotion de la cuisson propre, un engagement du gouvernement dans ses stratégies de développement énergétique

Le ministère de l’Energie a déjà fait le premier pas dans l’élaboration de plusieurs textes tels que la loi sur l’éthanol, le projet de loi sur la bioénergie et les normes sur les foyers améliorés, normes sur les charbons écologiques et briquettes non carbonisées pour cadrer et promouvoir les activités des acteurs dans ce sous-secteur.

Dans ce contexte, le gouvernement malgache, avec l’appui de ses partenaires, a intégré la promotion de la cuisson propre dans ses stratégies de développement énergétique et environnemental. Le ministère de l’Energie est également en cours d’élaboration de la lettre de Politique Nationale sur la Cuisson Propre.

Dans le cadre du Pacte Energétique National, Madagascar s’est fixé l’objectif ambitieux d’augmenter la proportion de ménages utilisant des solutions de cuisson propre à 50% d’ici 2030. Cet engagement vise à améliorer la qualité de vie des populations en réduisant l’exposition aux fumées nocives, tout en limitant la pression sur les ressources forestières du pays. Pour y parvenir, plusieurs initiatives sont mises en place, combinant subventions, incitations aux investissements privés et campagnes de sensibilisation.

Des programmes de financement en soutien aux efforts pour la cuisson propre

Le gouvernement malgache mobilise également des financements à travers des partenariats public-privé pour structurer ce marché émergent. Avec un besoin estimé à 7,2 milliards de dollars pour atteindre les objectifs énergétiques du pays, une répartition des investissements entre l’Etat, les partenaires de développement et le secteur privé est en cours de structuration. Ces financements doivent permettre de soutenir la production et la distribution de technologies de cuisson propre, tout en garantissant leur accessibilité aux populations les plus vulnérables.

Des programmes tels que Empower Southern Africa (ESA), soutenu par Power Africa/USAID, contribuent à accélérer l’accès aux technologies de cuisson propre, en favorisant notamment l’innovation et le financement de solutions alternatives comme les foyers améliorés et le gaz de pétrole liquéfié (GPL).

Par ailleurs, des projets spécifiques, comme l’initiative menée par VAKANA Alliance Energy dans la promotion du biogaz, de foyer amélioré, GPL, etc.

A part les dimensions environnementale, santé et énergétique, le développement du clean cooking offre de grandes opportunités économiques et d’investissements via la création d’entreprises et d’emplois tout au long de la chaîne de valeur. La Politique devrait donc contribuer à mettre en place les conditions favorables nécessaires au développement des initiatives dans ce sous-secteur.

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